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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 21:36

 

Pluie. Grêle. Cette année, les giboulées de mars nous reviennent en mai. Averse. Coeur à la renverse. Certitudes que le vent disperse. Eclaircies intermittentes. La pluie, aujourd'hui, ne supporte pas l'attente. Bourrasques de vent pour chasser le règne d'avant. Définitivement. Météo insolite ou insolente. Pas de quoi effrayer quelqu'un dont les ancêtres, sans doute, sont venus de Hollande. Aller aux Champs sous une pluie battante, n'a jamais fait fuir un paysan. Paysan, celui qui habite le pays. Celui qui est habité par le pays. Hollande, le bien nommé.

La remontée des Champs sous une pluie battante. Une pluie froide. Tenir pourtant la tête "roide". Le sortant était un battant qui mouillait son maillot. Le nouveau ne craint pas l'eau. Cette façon de braver les intempéries, cette volonté d'être stoïque sous la pluie, cette manière de se tenir debout dans le mauvais temps, message subliminal d'un nouveau Président à son peuple .

Très sobre et très solennel à la fois. Il était une fois. Cette fois. Pour la première fois. Le nouveau dit des choses nouvelles. Essentielles. Justice et confiance, comme double point de départ.

"La première condition de la confiance retrouvée, c'est l'unité de la Nation. Nos différences ne doivent pas devenir des divisions. Nos diversités des discordes."  Dehors, il pleut des cordes. C'est l'ancienne présidence qui peut aller se faire pendre. La confiance est de retour. Avec elle, la République exemplaire.. La séparation des pouvoirs, qui va de pair.

Un Président qui prend la pluie pour que la République ne prenne plus l'eau. Un Président qui se mouille. Immobile comme dans une papamobile. Mais sans toiture. Au risque de signer la déconfiture. Franchie la grille du coq, quelques UMP agitent leurs ergots. Mais n'ergottons pas. Soyons magnanimes. Ils ne savent pas perdre, ces gens de droite. Leur éducation a dû être maladroite. L'alternance doit être renaissance.

"L'Etat n'appartient pas à ceux qui en ont reçu, pour un temps limité, la charge."

En creux, la critique est cinglante. Critique souveraine du quinquennat qui s'achève. Définition du quinquennat qui commence. En ce jour d'investiture, elle a belle allure, la France. Vraiment. Elle et moi, on redevient amants. Même si, tant pis pour la rime, encore un peu trop de frime. Ce parfum d'Ancien Régime. Ce goût de Monarchie Républicaine. Heureusement, beau signe des temps : embrassade féminine. Ces premières Dames qui ne sont pas les dernières à se faire la bise. Résolument modernes.

Place de l'Hôtel de Ville, on embarque dans l'Arche De(la)noë. Mais on n'échappe pas au déluge pour autant. Averse à nouveau et foule maigrichonne que Mai en automne disperse.

 

Plus tard, pour revigorer les amours allemandes, Angela a voulu, au menu du dîner, maintenir des asperges. Pourtant, tout au long de la journée, aspergé, le Président Français l'a suffisamment été. Des asperges ! et pourquoi pas des champignons... à la grecque ! Angela, tu vas te faire... engueuler ! Le coup de foudre sur le nez de l'avion présidentiel, c'était déjà toi, vieille sorcière teutonne ! Attends-toi à ce que François, de rien, ne s'étonne.

Au même moment, dans le vieux village d'Auteuil, dans un bel hôtel particulier, soirée particulière. Celle d'un sortant qui a réussi sa sortie. Qui pense, sans doute, à ce Président "entrant", qui a réussi, lui, son entrée. Dans son premier discours de Président de la République. Dans sa façon de dire comme dans sa façon d'être. Dans ce vieux Palais aux coutûmes compassées, sûr ce matin, c'est pas peut-être, un peu d'air frais est entré par la fenêtre.

Le sortant, pour la première fois depuis dix ans, depuis vingt ans, depuis vingt-cinq ans, redevient... simple citoyen. Quelque part, ça doit lui faire du bien. Un air de grandes vacances. Pour lui souhaiter "bonne chance", le septième Président de la cinquième République n'a pas hésité à prendre les devants. Enumérant les six Présidents qui l'avaient précédé, les gratifiant au passage d'un mot aimable ou, pour Mitterrand, d'un mot aimant, François Hollande a simplement dit :

" Nicolas Sarkozy, à qui j'adresse mes voeux pour la nouvelle vie qui s'ouvre devant lui."

La moindre des choses. Mais, c'est vrai, service minimum.

 

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commentaires

tirache 20/05/2012 16:26

je ne peux m'empêcher d'écrire quelques lignes pour dire vous dire Monsieur Crimont que tout cela est très vrai très bien dit c'est fou ce que vous êtes fleur bleue pour un monsieur presque
midinette presque petite main à l'usine de textile du coin (mais non il n'y en a plus)
ah si je pouvais les lire à la place des éditoriaux du courrier picard ils me mettraient du baume au coeur dès le matin
(ps votre angélisme ou votre naïveté sont très touchants)

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