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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 20:52

 

Grèce: le Parlement vote le plan de rigueur malgré l'opposition dans la rue

Athènes. 7 décembre 2012.                                                                                © Aris Messinis

 


 

Bien sûr, en France, il y a le prix Goncourt. Bien sûr, aux Etats-Unis, Obama en a repris pour quatre ans. Bien sûr, la Chine se choisit un nouveau Président. Bien sûr, au PSG, Zlatan prend deux matchs de suspension. Après son carton rouge pour jeu dangereux contre le gardien de Saint-Etienne. Ne pourra jouer ni contre Montpellier, ni contre Rennes. Bien sûr, la France socialiste ménage l'emploi. L'emploi des patrons surtout. 20 milliards d'exonération pour les aider un peu. Dans le contexte actuel, faut comprendre. Faut favoriser la compétitivité. Donc l'emploi. L'emploi des salariés. CQFD.

Bien sûr, il y a tant et tant de sujets d'actualité, mais quand même, une question, une seule. Ma question : pourquoi, pourquoi, ce qui se passe en Grèce ne fait pas la une, ce matin ? Toutes les unes. Toutes les unes de tous les quotidiens.

Les députés grecs ont pourtant adopté, dans la nuit de mercredi à jeudi, le nouveau plan de rigueur réclamé par les bailleurs de fonds de la Grèce, UE et FMI. En dépit de la protestation de près de 100.000 manifestants massés devant le Parlement. Question à vous les Français, si souvent prompts à vous rebeller, à vous révolter : faut-il vraiment qu'on vous impose le même traitement pour que vous vous sentiez concernés ? Faut-il vraiment que ce que l'UE et le FMI imposent à Athènes, ils l'imposent aussi à Rome, à Madrid, à Lisbonne et à Paris, pour que vous commenciez à ouvrir les yeux ?

 

Florilège des décisions prises par le Parlement grec, sous la menace de Bruxelles :

 

 

L'âge de la retraite recule de 65 à 67 ans.

Les retraites supérieures à 1000 euros subissont une baisse de 25 %

Réduction jusqu'à 27 % des salaires des haut-fonctionnaires : Brut mensuel de 1872 euros pour le Chef de l'Etat-Major de l'armée. Brut mensuel de 1459 euros pour un professeur d'université.

Baisse des salaires du secteur public.

Dérégulation accrue du marché du travail et des services.

Réduction des indemnités de licenciement.

Augmentation des taxes.

Diminution des prestations sociales et de santé.

Et, pour conclure, sans ironie, mais avec un réel humour - noir -  diminution des salaires des employés du... Parlement.

 

Les équilibres budgétaires, les déficits, les crises économiques, ne sont pas l'oeuvre des peuples, elles sont l'oeuvre des gouvernants et des banquiers. Moralité : ce n'est pas aux peuples de payer. FMI, BCE et Union Européenne, vous vous trompez d'adresse. La faillite n'est pas de ce côté. Les subprimes n'ont pas été conçus à Athènes, ni à Rome. Pas davantage à Paris. Aux vrais responsables de payer le prix. Le prix des conséquences des crises qu'ils ont créées.

Place de Syntagma, la Place centrale d'Athènes, l'une des banderoles des manifestants dit bien les raisons de la colère : "A bas la politique de soumission et d'humiliation". Une autre affirme : "Résistance aux mesures de misère". Une troisième réclame l'application d'un remède souvent appliqué, dans les années quatre-vingt, aux pays en voie de développement : "Effacement de la dette". A Athènes, une nouvelle manifestation est prévue le dimanche 11 novembre, au moment du vote au Parlement du budget 2013. Budget qui, dans un premier temps, imposera aux Grecs 9 milliards d'euros d'économies. Pour un total de 18 milliards d'économies d'ici 2016.

Austérité ou faillitte, c'est toujours l'incontournable dilemme, sinon le diabolique chantage, posé, proposé, imposé, aux parlementaires grecs. Le pays enfermé, verrouillé, dans un carcan d'austérité, en échange de perfusions financières ponctuelles. Pourtant, de nombreux économistes, du monde entier, estiment que le "tout austérité" n'est pas la réponse adaptée à la crise de la dette en Europe. Notamment dans la zone euro.

Sous nos yeux, c'est la Grèce que l'Europe, empêtrée dans son bon droit et ses réglementations stupides, étouffe, étrangle.

Sous nos yeux, c'est le peuple grec qu'on assassine. Combien de temps va-t-il encore nous falloir pour que l'un d'entre nous se lève et ose dire à la face de ces assassins et de ces fossoyeurs : ça suffit !

 

 

 


 

 

 

 

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