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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 21:53

 

Juste une impression. Impression matinale. On se sent mieux. On respire mieux. On se sourit. On se parle dans la rue. On s'écoute. On écoute. La libraire de la rue Jean de La Fontaine a son beau sourire du début de semaine. Aujourd'hui est un jour particulier. C'est "Le jour d'après". Le lendemain de la victoire. La victoire du candidat de gauche. La victoire de François Hollande. La nuit a été courte. Ceux de la Bastille se sont couchés vers deux ou trois heures du matin. Levés tôt quand même. La vie reprend ses droits. La France qui se lève tôt, ou un peu plus tard, reprend son rythme. La France des retraités ou des rentiers du XVIème aussi.

Dans la librairie, comme à chaque lendemain d'élection présidentielle, les gens achètent davantage. Simple, me confie la libraire, je vais doubler mon chiffre d'affaires. "Celui qui, d'habitude, achète un journal, aujourd'hui, il en achète deux. Souvent Le Figaro  et un autre titre. Pas comme vous, vous c'est toujours Libé et L'Huma. L'Huma, ici, à part vous, j'en vends pas. Aujourd'hui, y m'en ont mis trois." Tous les quotidiens, forcément, titrent, pleine page, sur la victoire de François Hollande.

François Hollande est allé, lui aussi, pas trop tôt matin, au turbin. Son turbin à lui, c'est avenue de Ségur, dans le 7ème arrondissement. QG de campagne rebaptisé ce matin QG de transition. Les choses sérieuses commencent. Le Président élu a du pain sur la planche. D'abord plancher sur les premières mesures. Baisse de 30% du salaire du Président et des ministres. Au-delà du symbole, vrai geste de solidarité. Partage des efforts demandés au peuple. Geste d'un vrai Chef d'Etat. Loin du Fouquet's et des Rolex. Geste essentiel. Pour rompre avec le superficiel.

 

La nuit dernière, à la Bastille, Noah, Cali, Martine Aubry, Laurent Fabius, Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Lionel Jospin, Harlem Désir, Ségolène Royal, Vincent Peillon, Aurélie Filippetti ou Pierre Moscovici, personne n'a chanté Le temps des cerises. J'ai trouvé ça dommage. Marseillaise et Internationale font trop d'un autre âge. Ce matin, toutes les radios nous rejouent Le temps des crises. Sûr, on le sait, on l'imagine, on le devine, la tâche qui attend le nouveau Président ne sera pas facile. Mais, déjà, la façon de procéder est un signe. Discrétion. Efficacité. Quelques mots quand même aux journalistes qui attendent avenue Ségur, devant le QG de transition : "Je dois me préparer. J'ai dit que j'étais prêt. Je dois l'être complétement." Modestie et sérieux. Gentillesse aussi. L'homme se prépare. Il le dit. Simplement. En douceur. Avec détermination.

 

Dès demain, à la demande du Président en exercice, François Hollande co-présidera les cérémonies du 8 mai. Le sortant et l'élu, tous les deux, côte à côte, sous l'Arc de Triomphe : belle image d'une démocratie française enfin à nouveau apaisée. Puis ce sera, dans huit jours, la passation de pouvoir, fixée, d'un commun accord, au mardi 15 mai. Dans la foulée, sera donné le nom du premier ministre. Mercredi ou jeudi, devrait suivre la composition de l'équipe gouvernementale. Le 16 mai, François Hollande doit être à Berlin. L'agenda international est déjà très chargé :  G 8, G 20, Sommet de l'Otan. Sans oublier la réunion des 27, à Bruxelles, le 28 juin, réunion d'arbitrage sur les différentes propositions concernant la croissance. François Hollande n'a pas caché, durant la campagne, sa volonté de renégocier le fameux traité de stabilité budgétaire. "L'Europe austéritaire", selon la formule de Mélenchon a des soucis à se faire. Mme Merkel a fait savoir qu'elle accueillerait le nouveau Président de la République Française "à bras ouverts". De la part de celle qui avait imprudemment affiché un soutien sans nuances au Président sortant, cette soudaine ouverture, des bras, est touchante. Réaliste surtout. Logique en tout cas. François Hollande n'en doutait pas. L'homme fort, désormais, c'est lui. Pas celui de la "France Forte". La belle affiche de la "France Forte" est... morte. Son leader a confirmé sa volonté d'abandonner la vie politique. Une page se tourne. Définitivement. Changement de style. Changement de ton. Changement de fond. Nécessité salutaire : retrouver un peu de profondeur, un peu de légéreté aussi.  Place à ce beau slogan : "Le changement, c'est maintenant". Un slogan à incarner dans le réel. A conjuguer dans la réalité. Dans la réalité de chaque jour.  A faire vivre. Maintenant. Ici et maintenant.

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commentaires

annick tirache 10/05/2012 16:22

je suis d'accord avec tout ce que vous avez écrit Jean-Louis Crimon sauf peut-être pour "le temps des cerises" qui n'est pas plus moderne car mon grand-père la chantait et il avait fait la guerre
14 et peut-être moins entraînante pour un soir de victoire (même si revisitée par Noir Désir et tant d'autres...)

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