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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 00:31

Jean-Louis Crimon persiste et Chine

PUBLIÉ LE 26/01/2014

Par PHILIPPE LACOCHE

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| ROMAN |

Notre ancien confrère du Courrier picard et de France Culture sort un excellent roman sur la Chine où il a séjourné. Il le signera à Amiens, le jeudi 30 janvier.

Jean-Louis Crimon avec un caractère chinois qui veut dire « joyeux » .
Le romancier amiénois, auteur du très médiatisé Verlaine avant-centre (éd. Le Castor astral), revient sur la scène littéraire avec un roman, Du côté de chez Shuang, qui évoque la Chine où il a récemment enseigné. Il y dénonce notamment les dérives de ce capitalisme rouge au visage pas toujours très humain. Il s'agit aussi d'une belle histoire d'amour entre un vieux sexagénaire et sa jeune élève qui pense plus aux sacs Vuitton qu'à Confucius. Il dédicacera son livre le jeudi 30 janvier, de 18 heures à 19 heures, à la librairie Martelle, à Amiens. Rencontre.

Votre roman est-il un vrai roman, une vraie fiction, ou un récit assez autobiographique ou, en tout cas, empreint de réalité ?

L'éternelle question du lecteur ! Le narrateur, dans le roman, n'est-il pas tout simplement l'auteur ? L'auteur qui se borne à nous raconter ce qu'il a vécu. Au risque de décevoir, ce n'est pas ma vie en Chine que je raconte. Du côté de chez Shuang n'est pas un récit, un reportage, une autobiographie. C'est un roman, une fiction. Tout est faux. Inventé. Fantasmé. Imaginé. Construit. Fabriqué. Comme dans un roman. Il s'agit d'un vrai travail romanesque. Mais, bien sûr, les impressions, les sensations, les sentiments, tout ça est très proche d'une réalité très probable, très possible et très crédible. Preuve : un Chinois, prof de Français, que je devais rencontrer en octobre dernier, à Pékin, mais qui n'était pas très disponible à ce moment-là, et à qui j'ai fait remettre mon roman, vient de m'écrire, par mail, les plus belles lignes jamais reçues : « Votre roman est un vrai trésor, pour nous les Chinois ! C'est ma vie que vous racontez. J'ai été, moi-même, renvoyé de l'Université pour avoir aimé, aimé d'amour, une étudiante. Mais, contrairement au narrateur de votre roman, moi, mon étudiante, je l'ai épousée ! » Fabuleux, non, de recevoir un tel aveu, une telle confidence ! C'est le plus beau des cadeaux. La plus belle des récompenses. Pour l'écrivain que je suis. Ou que j'essaie d'être.

Vous avez été enseignant en Chine. À quelle époque ? Où ? Et quel regard portez-vous sur ce pays ?

J'ai enseigné durant un semestre. Entre septembre 2011 et janvier 2012. A Chengdu. Cinq mois, c'est peu et c'est beaucoup. Au début, je ne connaissais personne dans ce campus de 20 000 étudiants de l'Université Normale du Sichuan. En octobre dernier, j'ai tenu à refaire le chemin de mon périple chinois : Kunming, Chengdu, Pékin. À Chengdu, j'ai tenu à aller lire à Confucius les extraits de Du côté de chez Shuang où je parle de lui. Au-delà de mon roman, qui stigmatise les travers de la Chine matérialiste d'aujourd'hui, ce qui m'intéresse surtout, c'est la Chine de Confucius, de Lao Tseu et de Li Bai. Tout comme je préfère aussi la France de Voltaire et de Rousseau. Pas celle de Marc Lévy et de Guillaume Musso !

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE



« Du côté de chez Shuang », Jean-Louis Crimon, Le Castor astral, 190 p. ; 15 €.

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