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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 00:19

DSCN6778

© Jean-Louis Crimon 

                                                                                                               


Vous n'allez pas me croire. Vous auriez peut-être raison. Pourtant, c'est vrai. Aussi incroyable cela puisse paraître. A la mi-journée, je quitte Paris canicule pour ma petite ville du nord à deux heures de rail. Les 37 ou 38 degrés prévus pour le week-end ne me disent rien qui vaille. Je veux changer d'air. Tout le monde transpire à grosses gouttes dans le RER. Davantage encore dans le TER. Clim' en rade dans le Tortillard Express Régional. Comme d'hab'. Chaleur de ouf. Comme si on demandait du rab. Un monde fou. Je progresse comme je peux. Me faufile jusqu'à l'avant du train. Les agents de la SNCF arpentent à grands pas l'allée centrale. J'ai mal à la tête. La gorge sèche. Rien à boire. Où est-il ce temps béni où l'on venait vous proposer, jusqu'à votre siège, des boissons chaudes ou fraîches, selon la saison ? Dans de superbes Corail flambant neufs. Du temps de La (vraie) vie du Rail. Où est-il le temps des distributeurs automatiques ? Bercé par ces pensées mécaniques, j'ai dû fermer les yeux. Me suis assoupi. En pointillés, le sommeil. Composté le désir de sieste. A la borne des nostalgies ferroviaires. Quand on somnole, le voyage n'est pas pareil. Voilà ce qui m' arrive au réveil.

L'entrée en gare se fait dans un tintamarre d'émerveillements et d'applaudissements. Le contrôleur me lance, goguenard: couvrez-vous bien, monsieur, il fait très froid dehors. Je lui réponds: vous voulez rire. Avec cette canicule annoncée pour le week-end. Il insiste: voyez les passagers. Tous en écharpe, cache-nez, bonnet et manteau d'hiver. C'est ma foi vrai. Comme je ne manque pas d'esprit, un slogan ancien me traverse l'esprit. A la SNCF tout est possible. Cette fois, je grelotte autant d'effroi que de froid. Je viens de jeter un oeil par la vitre. Impensable. Incroyable. Inimaginable il y a deux heures à peine. L'hiver est à quai.

Quai enneigé. Gens emmitoufflés pour descendre du train. Je n'en crois pas mes yeux. Juste le temps de prendre une photo. Unique photo. Mon Nikon s'est bloqué. Saute de températures trop brutale. Météo fatale.

Vous me croyez. Vous m'avez cru. Vous ne me croyez plus. Avouez, ça vous plairait que ce soit vrai. Vrai, forcément, ça ne l'est pas. Sinon, ça se saurait. La radio en parlerait. La télé le montrerait. En été, avec l'orage, on a de la grêle parfois. De gros grêlons, comme des oeufs de pigeon. Mais de la neige, non, ça ne se fait pas, ça ne se voit pas. Une neige qui tient au sol, en plein été, sous nos climats, faut pas rêver

La photo ? elle remonte à février dernier. Toutes mes excuses. Mais bravo encore, c'est beau de garder un regard d'enfant. Sur les choses et sur les gens. Sans être trop crédule, par ces jours et ces nuits de canicule... un peu d'humour qui déambule... un peu d'air frais... pour prendre le frais. Peu importe le flocon pourvu qu'on ait l'ivresse... il neige, il neige... c'est bête... il neige... dans ma tête.

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commentaires

Armelle Rubens-Gilet 24/08/2012 22:36

merci pour ce petit moment de rêverie, rafraîchissant!

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