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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 09:46

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 © Jean-Louis Crimon                                                                Rome. 2012. 

 

 

Bled, Bescherelle, Grevisse,  faut-il qu'on en finisse ? Doit-on dire dorénavant, en cette journée mondiale de la femme: Les hommes et les femmes sont belles ? Ou, au risque de passer pour un incroyable machiste doublé d'un fieffé réactionnaire, persister à dire: Les hommes et les femmes sont beaux. Pourquoi pas, tout simplement, dans une réelle volonté d'apaisement et de conciliation grammaticale, s'accorder sur une proposition apaisée : Les femmes sont belles, les hommes sont beaux. Juxtaposition pacifique bienvenue pour donner, à chaque genre, le qualificatif souhaité, avec l'accord qui convient. 

Cela pour nos préoccupations d'hier. Aujourd'hui, heureusement, 8 mars, Journée internationale des femmes, on nous parle de choses plus essentielles et de problèmes autrement importants. Des droits des femmes dans ces pays et ces sociétés où, au propre comme au figuré, les hommes "font la loi".

 

 Ce matin, à la radio, j'écoute la voix de Samira, 25 ans, manifestante égyptienne, sur la Place Tahrir,  qui se bat contre les forces conservatrices de la société partriarcale de son pays. Une voix parmi des milliers. Des dizaines de milliers. Des centaines de milliers de voix dans le monde. Les femmes arabes ont pris la parole. Pour dire au monde entier et à haute voix : cette fois, ça suffit, vous n'étoufferez  pas nos revendications. Question décisive du statut des femmes. Discrimination. Exclusion. Excision. Pièges à cons ! Codes de la famille, codes civils et lois pénales,  sociétés infernales.

 Huit mars. Huit femmes. Huit femmes signataires de l'Appel pour que "la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au nom de prétendues priorités." Huit mars. Huit femmes. Huit femmes signataires de cet Appel où personne ne doit manquer à l'appel :

 

Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Tunisienne;

Bochra Belhadj Hmida, avocate, cofondatrice de l'Association tunisienne des femmes démocrates, Tunisienne;

Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste, Egyptienne;

Nawal El Saadawi, médecin psychiatre, écrivaine et féministe historique, Egyptienne;

Tahani Rached, réalisatrice, Egyptienne;

Samar Yazbek, romancière, Syrienne;

Azza Kamel Maghur, avocate internationale et membre du Conseil libyen des droits de l'homme, Libyenne;

Wassyla Tamzali, féministe et essayiste, Algérienne.

 

 

Passé le temps exaltant de ces révolutions qui ne sont pas toutes porteuses de lendemains / fleurs de jasmin, le travail ne manque pas. Briser les tabous dans les sociétés arabes. Le premier des tabous: le tabou de la peur. Cesser d'avoir peur. Huit mars. Huit femmes qui n'ont pas peur. Qui n'ont jamais eu peur. Tunisiennes, Egyptiennes, Syrienne, Libyenne, Algérienne et pourquoi pas...Saoudienne, Palestinienne.

 

Place du changement, à Tunis ou au Caire, une même volonté, une même lucidité: ne pas mettre uniquement en avant les droits des femmes. Les femmes ne sont pas "des êtres à part". Ce sont des êtres qui doivent "prendre part". Qui veulent "prendre part". Pour cela, d'abord, sans doute, prendre "leur part". Toute leur part.

 

Paradoxe dérisoire, pendant ce temps-là, en France, on présente comme "révolutionnaire" la suppression de la case "mademoiselle" dans les formulaires administratifs. En oubliant ce temps pas  si lointain où une "dame", quel que soit son âge, ou son statut, ne trouvait pas forcément désagréable, ni déplaisant qu'un homme, courtois, délicat, ou authentiquement galant, s'adresse à elle en disant "mademoiselle"... 

 

Au fond, pour en finir avec  ce "8 mars, Journée internationale des femmes" et en finir avec cette  unique " journée de la femme", (sous-entendu à peine "voilé" : le reste de l'année appartient aux hommes !) , créons, inventons, un tout autre rendez-vous, non pas une fois par an, mais une fois par jour. Une nouvelle fête, autrement révolutionnaire, la fête mondiale de la femme de la journée". Une femme, mise à l'honneur et célébrée, chaque jour de l'année, pour sa singularité et son universalité.

 

"Journée mondiale de la femme", non plus. Assez, suffit, pas davantage, rideau, merci. "Femme de la journée", oui, bienvenue. Non pas "Miss/Monde" mais "Femme/Monde". 365 journées de la femme par an ! 366 les années bissextiles, comme cette année! Pas mal, non, comme idée ? De cette façon, une fois par an, on pourrait inventer, mais oui,  pourquoi pas "la journée de... l'homme" !

 

Pas mal, non ? La journée mondiale de l'homme ! Une fois par an, on lui donnerait la parole et on parlerait de lui, l'homme, ce dominé, cet opprimé de toutes les sociétés enfin devenues matriarcales. Le monde en serait vraiment transformé. Plus de conflits. Plus d'inégalités. Plus d'injustices. Plus de guerres. C'est bien connu, depuis toujours, depuis des millénaires, ce sont les hommes qui déclarent les guerres. Je sais, Renaud, mon frère,  à part ... madame Thatcher. Mais dîtes: était-ce vraiment une femme ?

 

 

Franceinter.fr et Lemonde.fr pour signer l'Appel des femmes arabes pour la dignité et l'égalité.

 

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