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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 08:57
Amiens. Courrier Picard. Page 4. Lundi 6 Octobre 1980. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Courrier Picard. Page 4. Lundi 6 Octobre 1980. © Jean-Louis Crimon

Faire le portrait de ce géant qui fait métier de clown et qui porte nom Zavatta, Achille Zavatta, faut être gonflé, ne reculer devant aucun challenge, aucun défi. En deux mots : faut oser. D'abord oser frapper à la porte de sa caravane, posée parc de la Hotoie. Rencontre mémorable. Juste après son premier spectacle de la journée. Encore en tenue de clown. Avec sur les épaules son visage de clown. Zavatta ne se démaquille pas. Il rejoue dans quelques heures à peine.

 

Paroles saisies au vol, mots-clé griffonnés à la hâte sur un petit calepin, phrases notées très vite presque intégrales, quand on sent la citation qui va faire mouche. Le mot à mot, quand les mots sortent de la bouche, Zavatta, c'est du petit lait.

Propos d'une incroyable actualité, du prix du mazout à celui du gaz ou de l'électricité, des hommes politiques de ce temps-là à ceux d'aujourd'hui, comme si rien n'avait changé. "Ils attendent toujours qu'il y ait une catastrophe pour réagir et faire quelque chose. Pourtant, diriger, c'est prévoir..." Paroles de vrai sage qu'on aimerait entendre plus souvent dans la bouche des gouvernants.

 

Jouer juste et vivre de même. 41 ans plus tard, Monsieur Zavatta, vos mots me vont plus que jamais droit au coeur.

Un seul regret : je suis désormais plus vieux que vous ne l'étiez quand nous nous sommes rencontrés. Je ne pensais pas alors qu'une vie d'homme, ça pouvait passer si vite. Je me demande où vous pouvez bien être depuis que vous n'existez plus. Question sans réponse. Sans doute inutile. Vous êtes toujours vivant tant que vous êtes vivant dans le souvenir des vivants.

 

© Jean-Louis Crimon

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