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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 09:57
Bourdon. Cimetière Allemand. Août 1978. Mon père, Georges Crimon. © Jean-Louis Crimon

Bourdon. Cimetière Allemand. Août 1978. Mon père, Georges Crimon. © Jean-Louis Crimon

 

      Quand je regarde les mains de mon père

      Je me dis que ces mains-là

      Sont toutes les leçons de philosophie

      Que je cherchais en vain dans les livres

 

      Quand je regarde les mains de mon père

      Je me dis qu’elles sont aussi

      Le prix des peines acceptées

      Et des révoltes contenues

 

      Parfois je les vois deux poings forts

      Frappant la tête des gouvernants

 

      Mais quand je regarde les mains de mon père

      Je vois que les poignets sont encore rouges

      Des chaînes qu’il lui a fallu porter

 

      Je me demande sans comprendre

      Pourquoi il n’aspire qu’à se taire

      Et comment il a pu tant accepter

 

      Je sens qu’au fond de moi la révolte gronde

      Je sais pourquoi je veux la fin du vieux monde

 

      Alors que mon père me pardonne

      De ne pas seulement rêver de liberté

      Alors que mon père me pardonne

      S’il apprend qu’un fils d’esclave s’est révolté. 

 

 

      © Jean-Louis Crimon 

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