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5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 10:45
Kunming. Yunnan. Chine. 1er Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Kunming. Yunnan. Chine. 1er Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

 

Dimanche 1er janvier. Premier jour de l'année 2012. Près de Kunming. Tout au sud de cet immense pays. Fin de journée. Une journée printanière. Kunming, Yunnan, est appelée par les Chinois la ville du printemps permanent. Rituel annuel, les Chinois sont allés, en famille, admirer cette montagne étrange qui a la forme d'une femme géante, allongée mollement au bord de l'eau. Balade incontournable. La longue et belle déesse est nue. Ses seins tutoient le ciel. La montagne semble se coucher doucement dans l'eau du Lac. Nul ne sait quel géant de terre et de pierres, a poussé au fond de l'eau si belle créature. Shengbin et Shanshan, mes amis Chinois sont les guides précieux d'un Laoshi malicieux. Laoshi, - Professeur -, mon état et mon titre à l'Université de la RPC, la République Populaire de Chine.

Au bord du Lac Emeraude, je suis en maraude. Comme photographe, je ne suis pas un chasseur. Plutôt un guetteur. Guetteur d'instant. Tout le temps.     

Vrais mariés ou simples mariés de pub, ils terminent près du lac leur séance photo. Shengbin et Shanshan, mes deux guides, sont un peu fatigués d'avoir trop marché. Ils cherchent un banc. La batterie de mon petit Nikon est à plat. J'ai trop photographié. Shengbin me propose gentiment son appareil. Je dis non. Je n'ose pas. Un appareil, c'est personnel. Mon ami Chinois voit mon désarroi. Il insiste. Cette fois, je dis oui

 

Cette photo, je la lui dois. Sans lui, sans Shengbin, sans  son boitier, elle n'existerait pas. Cette photo, elle me fait penser à une photo de Guy Le Querrec. Une mariée à la traîne, et sa traîne que le vent entraîne. Une photo des années 70. Superbe. Prise, je crois, devant un commissariat. Si mon souvenir n'est pas trop flou. 

Ma mariée à moi fait face au Lac Emeraude. Le marié s'est éloigné. Les photographes aussi. Il ne se passe rien. Plus rien. Je regrette de ne pas avoir dit oui à Shengbin plus tôt. Beaucoup plus tôt. Dommage.

 

Soudain, ce geste de la main d'un metteur en scène improvisé : du bras gauche, l'index pointé vers le ciel, il semble dire : regardez les oiseaux ! J'ai ma photo.  

 

© Jean-Louis Crimon

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