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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 07:28
Amiens. 5 Janvier 1961. © Jean-Louis Crimon
Amiens. 5 Janvier 1961. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 5 Janvier 1961. © Jean-Louis Crimon

Relire aujourd'hui les lettres écrites à mes parents au cours de cette année où j'étais interne au Petit séminaire d'Amiens, année scolaire 1960-61, a quelque chose d'émouvant et d'agaçant à la fois. Je dis si peu de choses. Rien sur les professeurs, rien sur les cours, rien sur la vie à l'internat. Ecriture très factuelle. Minimaliste déjà. Sans le savoir. Sans en avoir conscience. Sans avoir lu L'étranger. Crimon, comme Camus, pourrait commencer son roman par deux petites phrases, faussement insignifiantes. Aujourd'hui, mon enfance est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. 

 

Jeudi 5 Janvier, Chers parents, Je viens de revenir de promenade, il fait froid. J'espère que tout le monde va bien. Mercredi, je suis rentré à 8h45. Quand je suis sorti du car, il pleuvait fort. Il n'y a pas encor(e) de neige ici. Je ne trouve plus rien à vous dire. Je termine en vous embrassant tous bien fort. Jean-Louis. 

 

Pauvreté apparente de l'écriture. Aucun adjectif. Aucun effet d'enjolivement littéraire. Aucune description appliquée. Sobriété exemplaire. Aller à l'essentiel déjà. Si l'essentiel est dit, pas de fioritures. Au fond, la simple vérité de l'écriture pour celui qui n'entend rien à... L'Ecriture.

 

© Jean-Louis Crimon

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