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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 08:10
Contay. Mai 1961. © Juliette Crimon.

Contay. Mai 1961. © Juliette Crimon.

 

" L'après-midi, je retrouve Garrincha, Vava, Didi, Pelé, Kopa et Piantoni. Ensemble on joue la Coupe du Monde. Moi, je suis Fontaine. Just Fontaine. Justo, comme dit mon père. Le roi des buteurs de la Coupe du Monde 58. Plus fort que Jésus qui n'a eu que douze apôtres, Just Fontaine, lui, a marqué treize buts. En une seule Coupe du Monde. Mon père en est persuadé : jamais personne ne pourra faire mieux. Sauf moi, peut-être, petit Fontaine, son fils.

"Sur une passe en retrait de Kopa, je feinte la reprise, et petite pichenette lobée... juste dans la lucarne droite du petit cerisier. Nous menons 1 à 0.

"Contre-attaque, je dribble le gros noyer, celui qu'on appelle Roger Marche, parce qu'il a de ces tirs à bout portant à vous marquer un but des quarante mètres si vous frappez trop fort en plein tronc, au lieu de faire glisser doucement le ballon sur l'écorce. Le bigarreau joue sur l'aile, près de la rivière. Il est facile à prendre en contre-pied, juste avant la remontée du talus : le terrain est en pente à cet endroit.

"L'inconvénient, c'est que le bigarreau joue souvent en touche. Faut faire la remise en jeu, pieds joints, dit mon père, et le ballon dans les deux mains bien au-dessus de la tête. Ça casse le rythme."

 

 

Verlaine avant-centre, roman, Castor Astral. 2001. Chapitre 1, Balle au centre, p. 15 et 16.

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