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12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 07:15
Amiens. Rue Laurendeau. 2016. © Jean-Louis Crimon.

Amiens. Rue Laurendeau. 2016. © Jean-Louis Crimon.

 

 

 

 

 

                                                                        361

Je me souviens du bel étonnement de Jean d'Ormesson quand je m'empare délicatement de son gobelet en plastique vide. A sa demande, juste avant de rejoindre le studio de Radio France Picardie, je lui ai offert un Perrier bien frais. 

– Mais qu'allez-vous en faire, s'inquiète l'Académicien ?

– Un talisman, cher Jean ! Boire dans le gobelet d'un Immortel, c'est désormais pouvoir offrir à chaque instant de ma vie un goût d'éternité.

Ma réplique dessine alors un incroyable beau sourire sur un visage de vieil enfant incrédule.

Quatre mots de l'Immortel :  Vous êtes drôle, Monsieur !

 

                                                                        362

Je me souviens de l'émission Reine d'un jour, animée par Jean Nohain, en direct du Cirque Municipal. Décembre 1949. Vingt-trois concurrentes doivent faire un vœu au micro. Le vœu le plus émouvant l'emporte. Une Amiénoise, mère de deux enfants et qui en attend un troisième, est l'heureuse élue. Elle habite un baraquement et a exprimé le souhait d'avoir un logement décent et un peu plus grand. 500.000 francs de cadeaux : un aspirateur, une bicyclette et, bien sûr, un poste de radio qu'on désigne encore par trois lettres : TSF.
 

 

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Je me souviens de "nords singuliers, nord pluriel", hiver 78-79, in'hui numéro 6. Page 101, ce poème pleine page blanche de Pierre Garnier, poète spatialiste, -poésie spatiale, poésie spéciale-, le "o" de nord tout en haut à droite de la page, le "o" parti, envolé, tout au nord. Ne reste que trois lettres en bas à gauche n rd, nrd qui ont l'air de s'emmerder. Trois lettres déboussolées. Lamartine, pardon, mais, variante : Une seule lettre vous manque et tout est dépeuplé.

 

                                                                        364

Je me souviens de Jacques Darras arpentant à grands pas le siècle finissant et s'indignant que nous ne soyons pas déjà dans le siècle débutant.

 

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Je me souviens de la finale de la Coupe du monde de football de 82 : Italie - Allemagne, et à la fin, c'est l'Italie qui gagne. Soirée folle dans le petit appartement de la rue Paul Sautai, chez les Ciafarone. Sandro, Jeanne, sa femme née à Mers-les-Bains, Ezio,  l'ami de toujours et les cinq enfants. Match superbe, ponctué de "Viva Italia" à la moindre action de la Squadra Azzurra. 3-1, score final. Schumacher en a pris trois ce soir-là. "Siamo i più forti , chantent en chœur Christina, Tullio, Manuela, Katia et Alessandro.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon  / Le Castor Astral. 2017.

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