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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 00:01
Amiens. 17 février 17. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 17 février 17. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                         471

Je me souviens de la voix de Paul Léautaud dans ses entretiens radio avec Robert Mallet, diffusés sur Paris-Inter. Robert Mallet aussi malicieux dans ses questions que le faux cynique de Léautaud dans ses réponses. Mallet souvent envoyé sur les roses par le vieux grigou de Fontenay-aux-Roses.

 

                                                                         472

Je me souviens des coquillettes du Pèr' Lustucru, les pâtes aux œufs frais dont mon père raffolait. Lustucru ? L'eusses-tu cru ?

 

                                                                         473

Je me souviens de Paul Briois, boxeur talentueux des années cinquante, reconverti en chef du rayon fruits et légumes du Saveco de l'Hôtel de Ville, qui disait souvent : "La gloire n'a pas voulu de moi."

 

                                                                         474

Je me souviens de l'affaire des fausses statuettes gallo-romaines d'Amiens et de la façon dont Tahar Ben Redjeb avait, le premier, clairement contesté leur authenticité.

 

                                                                         475

Je me souviens de Mario Cipollini vainqueur au sprint de la cinquième étape du Tour de France 1999. Cipollini, déjà victorieux la veille à Blois, remporte sur le Mail Albert 1er d'Amiens  sa deuxième victoire depuis le départ, sa dixième dans le Tour de France, auquel il participe pour la septième fois. Le Toscan de l'équipe Saeco, trente-deux ans, a devancé d'une longueur le Belge Tom Steels, avec lequel il est désormais à égalité. Deux succès chacun dans cette édition 99.

 

                                                                         476

Je me souviens que dans cette arrivée d'étape sur la très longue ligne droite de 1700 mètres, c'est l'Allemand Erik Zabel qui avait lancé le sprint.

 

                                                                         477

Je me souviens que les Hortillons qui ont le verbe facile et parfois le verbe haut, ont aussi le proverbe pertinent sinon déroutant, c'est selon. Exemple : " Qui veut bon navet le sème en juillet." ou bien : "Ciel pommelé, fille fardée, ne sont pas de longue durée." ou encore " Temps qui se fait beau la nuit, dure peu quand le jour luit."

                                                                      

                                                                          478

Je me souviens avoir cherché longtemps, dans le petit cimetière de Renancourt, la tombe de Sebastian Sanz, l'Espagnol avec qui je travaillais comme manutentionnaire à La Ruche Picarde et pour qui j'ai voulu écrire Oublie pas 36. Devant sa tombe, mon manuscrit à la main, je lui ai dit : "Tu ne le sauras peut-être pas, mais c'est pour toi, Sebastian, que j'ai écrit ça, pour toutes les conversations que nous n'avons jamais eues, et aujourd'hui, trente années plus tard, je le regrette encore."  Sebastian ne m'a pas répondu, mais au fond de moi, je persiste à penser que ça lui a fait plaisir de m'entendre.

 

                                                                          479

Je me souviens qu'il y a "amie" dans Amiens. Cette ville est mon amie. Je suis le sien.

 

                                                                          480

Je me souviens d'Amiens

 

 

                                                                                                           ( à suivre...)

 

 

 

 

                                                                           FIN

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

 

 

 

 

                                                                         BONUS

 

 

  ( remplacement des doublons éventuels et suppression des moins pertinents )

 

 

                                                                            481

Je me souviens du jour où Verlaine avant-centre a reçu le Prix Tristan-Bernard, prix attribué pour la première fois à Roger Frison-Roche pour Premier de Cordée.

 

 

                                                                             482

Je me souviens du Professeur Léon Schwartzenberg qui disait, un soir de débat à la Maison de la Culture : "Il faut être fou ou stupide pour croire que la douleur purifie. La douleur avilit l'homme, elle le punit sans raison". Le célèbre cancérologue affirmait avec force une autre de ses conviction, pas la moindre : "Le mensonge, c'est la première mort du malade."

 

                                                                              483

Je me souviens de mon ami Richard Goldenberg, grand maître de la simultanée. Les échiquiers sont disposés en cercle ou en carré autour du champion qui a les Blancs sur chacun des échiquiers. Le maître passe d'un échiquier à l'autre dans un ordre déterminé, et ses adversaires jouent au moment où il se présente devant leur échiquier. La réponse du maître est généralement rapide pour éviter que l'évènement ne dure trop longtemps. Particularité de la simultanée : contrairement à la règle du jeu en tournoi, le maître dispose du droit de reprendre son coup après l'avoir joué, aussi longtemps qu'il n'a pas joué de coup sur l'échiquier suivant.

 

                                                                              484

Je me souviens du jour où Nicolas Auvray, directeur de la Comédie de Picardie, m'a dit qu''il était intéressé par la mise en scène de mes "Je me souviens d'Amiens".

 

                                                                              485

Je me souviens d'Amiens, Centre de Formation de Journalistes de renom. Dans l'audiovisuel surtout. Pour mémoire : Henri Sannier, Jean-Pierre Pernaut, Philippe Dessaint, Laurent Delahousse, Catherine Matausch et... François Ruffin.

 

                                                                              486

Je me souviens que Roland Dorgelès a pratiqué le journalisme dans de nombreux journaux, au Sourire, à Fantasio, au Petit Journal et, de 1917 à 1920, au Canard enchaîné. En 1939, il rempile et devient correspondant de guerre pour Gringoire. C'est Dorgelès qui serait à l'origine de l’expression  « Drôle de guerre » qui passera à la postérité.

 

                                                                              487

Je me souviens du beau regard de Renaud, le jour où je lui ai dit, que mon premier livre, mon livre vraiment à moi, cadeau de ma mère pour mes 11 ans, c'était La Cachette au fond des bois. Par Olivier Séchan. Librairie Hachette. 1960.

 

                                                                              488

Je me souviens que le fils de René Lamps, Gérard Lamps, était un brillant ingénieur du son. Césarisé de nombreuses fois. A 7 reprises, je crois. Notamment César du meilleur son pour Tchao Pantin, Le Grand Bleu et pour Tous les matins du monde.

 

                                                                               489

Je me souviens d'octobre 1969 sur le campus et de la Salle des Franchises avec la citation du Recteur Mallet, en capitales, juste au-dessus de la porte d'entrée : ICI, TOUT PEUT SE DIRE ET SE CONTREDIRE DANS LE RESPECT DE L'AUTRE. La Salle des Franchises, haut lieu des joutes verbales des étudiants de l'après 68.

 

                                                                               490

Je me souviens des Picards d'Amiens, ceux qui ont, à tout jamais, la pique hardie.

 

                                                                               491

Je me souviens que Julien Sarrazin a recueilli Albertine dans un fossé de la prison-école de Doullens où on l'avait transférée en 1956. Mise au cachot pour avoir embrassé une autre détenue sur la bouche.

 

                                                                                492

Je me souviens que le 19 avril 1957, Albertine s'évade en sautant d'une hauteur de dix mètres et se brise ce petit os du pied nommé astragale. L'Astragale, le roman, doit son titre à cette chute et à ce petit os brisé. Albertine arrive à ramper jusqu'à proximité de la route nationale où Julien Sarrazin la recueille. il la cache dans son petit baraquement de la Fosse au lait. Albertine s'attache à lui. Elle dira et écrira qu'il est "le grand amour de sa vie".

 

                                                                                493

Je me souviens de la passion de Fred Thorel pour les nœuds papillons et de sa sainte horreur des cravates. Des nœuds pap' par centaines pour l'adjoint à la culture de Gilles de Robien, dans tous les tissus qui soient, et même des nœuds pap' en bois. Pour celui qui ne parle pas la langue de bois.

 

                                                                                494

Je me souviens du Bijou Bar et de cette statuette d'une femme dévêtue, juste au dessus de la porte d'entrée.

 

                                                                                495

Je me souviens de Macron dédicaçant REVOLUTION chez Martelle. L'ancien élève de La Providence se rêve et s'invente un destin national.  L'Emmanuel, envoyé de Dieu ou pas, se sent et se croit un rôle messianique.

 

                                                                                496

Je me souviens de mon unique année au Petit séminaire d'Amiens. J'y suis entré incrédule. J'en suis sorti incroyant.

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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                          ARGUMENTAIRE  + PROJET Quatrième de couverture :

 

Sur le mode des "Je me souviens" de Georges Perec, Jean-Louis Crimon s'est lancé dans la folle aventure des "Je me souviens d'Amiens". Il a donc écrit, composé, rédigé, chanté, clamé et déclamé... 480 "Je me souviens d'Amiens" puisque Perec avait lui-même écrit très précisément 480 "Je me souviens".

Comme Perec l'avait fait, Jean-Louis Crimon a voulu laisser au lecteur, ou à la lectrice, à la fin de son ouvrage, quelques pages blanches sur lesquelles tout un chacun peut noter ses propres "Je me souviens d'Amiens".

Amiens, sa ville depuis plus de cinquante ans, même en comptant les années d'absence, les escapades suédoises, danoises ou chinoises, est plus que jamais sa ville de cœur. Ce petit livre est en fait la plus belle déclaration d'amour jamais faite à une ville. Crimon aime Amiens et Amiens le lui rend bien.

Autobiographie d'une ville à travers un autoportrait de l'auteur. Ou l'inverse. En prime, un "guide touristique" d'un genre nouveau, qui fait de l'invitation au voyage dans le passé la meilleure des motivations pour découvrir le présent d'une ville.

 

 

 

Jean-Louis Crimon, né à Corbie, en 1949, est arrivé à Amiens en septembre 1960, pour son entrée en sixième, au petit séminaire. Renvoyé dans son village dès la fin de l'année scolaire 1960-61, pour avoir confessé ne pas vouloir être prêtre. Doit sa survie à l'école de la République et à son instituteur, Claude Hurdequint.

D'abord professeur de philosophie, à la Cité scolaire d'Amiens, puis journaliste au Courrier Picard et à Radio France Picardie, il fera l'essentiel de sa carrière radiophonique à France Inter et à France Culture, à Paris et à Copenhague où il sera, de 1992 à 1995, ESP, Envoyé Spécial Permanent de Radio France, pour les pays scandinaves, la Finlande et les pays baltes.

Jean-Louis Crimon a également été, pendant treize ans, Maître de Conférences à l'Université de Picardie Jules Verne et, en 2011-2012, professeur de français en Chine, à Chengdu. Il a aussi été, de 2010 à 2013, bouquiniste, quai de la Tournelle, à Paris.

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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