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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 00:11
Amiens. 21 Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 21 Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

 

 

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Je me souviens de VDH, Jean-Luc Van Den Heede, et de son bateau Algimouss. Dix-huit mètres de long, deux mâts de vingt-quatre et onze mètres pour un poids de presque 9 tonnes. Algimouss en cale sèche place du Cirque en janvier de l'an 2000. Pour accueillir tous les enfants des écoles de la ville.

 

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Je me souviens du balayeur de la place Gambetta. De sa gestuelle, de son attitude et de la position de ses bras. De ses mains. Cela tient du torero qui s'apprête à toréer. Son jeu de cape, digne de la muleta du matador, vaut de l'or. Le balayeur torée un taureau imaginaire. Vraie danse d'automne que les jets d'eau saluent.

 

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Je me souviens de mon projet "Balayeurs de tous les Pays". Belle idée de livre et d'expo mondiale. Née, vraiment, en Chine, à Chengdu, Sichuan, Septembre 2011. Au  temps où je suis faguo Laoshi. Cinq ans que je photographie systématiquement, méthodiquement, les hommes, les femmes, les attitudes, les gestes, les outils. Plus de 2000 photos déjà. Chengdu, Pékin, Shanghaï, Oulan-Bator, Paris, Montréal, Québec, Saint-Malo, Cannes, Nice, Rome, Copenhague, Glasgow, Londres, Oslo, et... Amiens.

 

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Je me souviens que c'est le geste du balayeur qui  fascine. Quelle qu'en soit l'heure. Le lieu. La ville ou le pays. Le moment. Soir qui tombe, fin de journée ou plein midi. 

Geste qui me rappelle mon père. Dans sa vie de jardinier, il en a donné des coups de balai, mon père. Feuilles mortes ou poussière. Eté, printemps, automne, hiver. En toute saison, son balai avait raison. N'a jamais lésiné. Chaque jour de sa vie. Pas un jour sans un coup de balai. La cour, côté jardin. Le trottoir, côté rue. Impeccable. Fallait que ce soit impeccable. Impeccable. Nickel. Ses deux mots préférés. Pour parler de ces choses essentielles à ses yeux.

 

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Je me souviens que moi, dans ma tête d'enfant, j'imaginais qu'il balayait aussi les jours au calendrier. Pour que le temps passe plus vite. Hop, un coup de balai sur aujourd'hui pour qu'il se nomme hier. Hop, déjà se pointe demain pour balayer les soucis d'aujourd'hui. Hop, demain effacé en un tour de main. Dans les phrases de l'enfance, les éléments aussi étaient de la partie. Le vent balaie la campagne. Le ciel balaie les nuages. La pluie balaie la poussière.

 

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Je me souviens, aujourd'hui encore, quand je pense à toutes ces années amoncelées, qu'il y a toujours un coup de balai à donner quelque part. Le balai Aujourd'hui efface toujours Hier. Rien à faire, il y a toujours quelque chose à faire. Dernier balayage du soir. Déjà pointe le premier coup de balai de demain matin.

Seule différence : s'est enfui à tout jamais le temps de la belle enfance. Mon père a changé de destin. Il s'est absenté. Pour toujours, disent les gens. Je n'en crois rien. Moi, je pense qu'il balaie l'envers des nuages.

 

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Je me souviens de "Roland Dorgelès, au nom de tous mes camarades" à la Bibiothèque municipale. Une exposition consacrée à l'écrivain né à Amiens, 71, rue Vascosan, en 1886, et qui présida le jury de l'Académie Goncourt après la mort de Colette, en 1955, et jusqu'en 1973. Dorgelès ne doit pas être considéré comme l'auteur d'un seul livre, Les Croix de bois, fut-ce son chef-d'œuvre, où il transcrit la vie quotidienne des poilus pendant la Grande Guerre. Il faut tout lire de lui, à commencer par Le Cabaret de la Belle Femme et Sur la route mandarine, ce roman né de son séjour en Indochine.

 

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Je me souviens de la première Fête dans la ville et de cette autre façon de fêter Carnaval.

 

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Je me souviens de l'Amicale des Indiens Picards, de Jean-François Paux, de Robert Landard, de Marc Monsigny, de Laurent Devismes et de la Lune des Pirates.

 

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Je me souviens de Zic Zazou et de sa preuve par 9... Jean-François Hoël, Hervé Mabille, Patrice Boinet, Pierre Denis, Bruno Hic, Frédéric Obry, Alain Graine, François Trouillet, et Michel Berte

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

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