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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:07
Amiens. Rédaction du Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

Amiens. Rédaction du Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

 

 

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Je me souviens de mon arrivée au Courrier Picard. Eté 1979. Rédaction d'Amiens. Deux mois à l'essai. Le rédacteur-en-chef, Georges-Louis Collet, me met d'emblée le contrat entre les mains. Le mot challenge n'est pas encore entré dans les habitudes langagières. Un papier par jour. On vous garde si vous êtes bon. Suis resté trois ans.
 
 
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Je me souviens de l'entrée en matière qui avait précédé mon entrée dans la Rédaction du Quotidien d'Amiens. Est-ce que vous savez écrire ?, m'avait lancé Georges-Louis. - Oui, comme un prof de philo, avais-je maladroitement répondu. Pas vraiment comme un journaliste. Mais je ne demande qu'à apprendre. Deux mois, deux mois, pour me montrer ce dont vous êtes capable, fut son seul commentaire. Avant de se replonger dans l'écriture de son Edito. Deux derniers mots par la porte entrebâillée : au boulot !
 
 
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Je me souviens de Léon Lamotte, l'enfant qui veut être menuisier, comme son grand père. Mais en chemin, il oublie le CAP de menuiserie et choisit l’École des Beaux Arts d’Amiens. A 25 ans, Il décide de s'installer à Montières, dans la maison de son grand-père, pour y commencer sa carrière. Une vie d'artiste influencée par les expositions internationales de Paris de 1932 et 1937. Avec un intérêt certain pour l’art africain.

 

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Je me souviens que Léon Lamotte travaillait aussi bien la pierre, le bronze, le bois, le grès ou le marbre. Qu'il aimait également peindre. Des toiles volontairement non achevées. Dans le souci, précisait-il au visiteur, de laisser à la pensée de chacun la liberté de s’exprimer.

 

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Je me souviens que certaines sculptures de Léon Lamotte sont visibles en différents endroits de la ville. On peut admirer le bas-relief La Joie de vivre, place Saint-Jacques, et Saint Antoine, rue de Noyon. Sans oublier Gloire au travail, square Montplaisir.

 

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Je me souviens de Madeleine Michelis, professeur de Lettres Classiques au Lycée d'État de Jeunes Filles d'Amiens, à la rentrée 1942. Elle y anime un atelier de théâtre pour les élèves. Elle héberge alors une jeune juive, Claude Bloch - dont le père, l'architecte Jean-André Bloch, a été déporté - avant de réussir à lui faire passer la ligne de démarcation pour l'envoyer chez des amis cultivateurs dans le Gers, les Orlhac.

  

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Je me souviens de Vince Taylor en concert au Cirque un soir où les lacrymos pleuvent place Longueville. Tout ça pour moi, s'étonne le plus français des rockers britanniques, auteur du génial Brand New Cadillac.

 

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Je me souviens de cette petite grand-mère de la ligne de bus n° 2, celle qui dessert l'ancien village de Montières et de ses mots picards pour exprimer son contentement d'être "allée en ville" et de rentrer chez elle : chés geins, y sont' fin conteints ed' preind' ch'bus, pis mi eussi  !

 

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Je me souviens du Bulletin mensuel d'information du P.S.U. de Mai 1975 - je venais d'adhérer- et de Pierre Lepetit, Directeur de publication. Sept pages ronéotées, et cette info en forme d'impératif catégorique : La formation étant à la base de tout militantisme, six stages sont proposés durant cet été aux sympathisants, aux adhérents et militants du parti. Parmi les six propositions, deux avaient retenu toute mon attention de jeune militant : le socialisme autogestionnaire et l'acquisition de la théorie et de la pratique de l'affiche. Quarante et quelques années plus tard, je me dis que je m'inscrirais volontiers à nouveau pour les deux formations.

 

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Je me souviens de l'année 1988, quand je suis amené à écrire Gilles de Robien, Atout Cœur. Jean-Philippe Moinet, journaliste au Figaro, a pour mission de portraiturer le postulant à la Mairie d'Amiens sous l'angle national, - GdR était député UDF -, et moi, je dois jauger et juger le candidat au plan local. La première interview se fait en voiture, GdR au volant, pour mesurer, très concrètement les "blocages", les "verrous" et les "verrues" dans la circulation amiénoise. Rue Saint-Fuscien, Boulevards de Pont-Noyelles, de Bapaume, de Saint-Quentin, de Dury, de Châteaudun, Route de Rouen, Avenue Foy, Boulevard Carnot, Rue Saint-Maurice, rue de la Hotoie, Chaussée Saint-Pierre, Citadelle, etc... Vrai tour de ville automobile et départ de la conquête de l'Hôtel de Ville.

                                                                           

                                                          

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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