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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 00:26
Amiens. 1980. Rue de la République. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 1980. Rue de la République. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                        461

Je me souviens de Catherine Ribeiro au grand théâtre de la MCA. Début des années soixante-dix. Vraie diva populaire. Terriblement impressionnante sur scène. Si simple et si fragile, dans sa loge, après le spectacle.

 

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Je me souviens des photos de Pékin de Marc Mangin. Une dizaine de voyages dans l'empire du Milieu, entre 1991 et 2006, et plus de 7.000 photos. En 2009, Mangin en présente une sélection sous le titre En passant par la Chine. En novembre 2015, à la Maison de la Culture d'Amiens, il choisit de présenter son travail en noir et blanc sous une nouvelle approche. Vagabondages sera le titre générique de cette exposition. 

 

                                                                        463

Je me souviens du jour où j'ai rendu copie blanche au partiel de philosophie générale. Le sujet était : Qu'est-ce que l'idéalisme ? J'ai répondu : C'est ça ! En laissant neiger quatre heures durant sur ma copie. Beau silence blanc. La semaine suivante, notre Professeur, Florence de Mèredieu, m'a gentiment recadré en me rendant ma copie zéro pointé, et en me disant simplement : vous valez mieux que ça.

 

                                                                         464

Je me souviens d'une double ligne de gendarmes mobiles barrant le bas de la rue de la République pour empêcher les manifestants d'aller chahuter le Préfet dans sa Préfecture.

 

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Je me souviens d'une confidence de René de Obaldia qui, enfant, habitait chez sa grand-mère, dans un petit village, près d'Amiens, et qui devait prendre le train, chaque matin, pour se rendre au collège. Trajet très court, trajet trop court, qui faisait dire au petit René : "Un jour, je prendrai un train qui ne s'arrête jamais".

 

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Je me souviens de la route vers Boves et de ch'catieu brûlé.

 

                                                                          467

Je me souviens d'une photo d'herbe sauvage, bien verte, qui prend son aise entre deux briques, bien rouges, du mur de la maison de mon voisin et de la légende que la chose m'inspire : si on se faisait un joint.

 

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Je me souviens du jour où mon fils a composé sa première chanson, métrique et musique parfaites. Sensation étrange de se dire : il a trouvé. Pas évident de savoir faire une chanson. 

 

                                                                           469

Je me souviens des bourrasques de vent qui m'assaillent au coin des rues, un automne qui n'en peut plus de pluies qui ont trop plu.

 

                                                                           470

Je me souviens de cet air composé un matin d'été très tôt à la fin d'une nuit de travail au Labo Qualité de Philips-Laden, un air lancinant et entraînant, fredonné lèvres fermées, avec Michel Bertin, le plus musicien de nous quatre. En sourdine, les paroles de la chanson de l'usine... Où est-ce, où est-ce, le temps où nous étions O.S. ?

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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Published by crimonjournaldubouquiniste
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commentaires

Florence de Mèredieu 27/02/2017 14:31

Réponse à "463"

Bonjour à vous,
et à vos "Souvenirs d'Amiens" [mes premières expériences de jeune "universitaire").

Un Zéro "pointé" ! Bigre : je ne me souviens pas d'avoir jamais "pointé" aucun zéro.

Mais pour une copie blanche, poétique et "métaphysique" dans sa blancheur, le zéro aussi (cette invention de Babylone et des Mayas)
se devait bien d'être léger, poétique et sans aucun doute "incongru" !

Bien à vous.

Jean-Louis Crimon 27/02/2017 18:18

Merci, Madame, de ce beau clin d'œil numérique, au moment où je mets le point final à mes 480 "Je me souviens d'Amiens". Une commande de mon éditeur, Le Castor Astral, sur le mode des 480 "Je me souviens" de Perec. Heureux, vraiment, que ma bouteille à la mer vous ait retrouvée dans cet océan de temps qui nous sépare des cours de philosophie de cette belle et brillante jeune femme au foulard mauve, dont nous étions tous amoureux.

Jerry OX 23/02/2017 13:40

De précieux et beaux souvenirs, Jean-Louis!

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