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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 00:01
Amiens. Rue Delpech. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

                    

                                                                       

                                                                         301
Je me souviens de nos marelles sur le bitume du trottoir, craie dérisoire, entre Terre et Ciel, à rêver d'essentiel. Même sans trop y croire.

 

                                                                         302
Je me souviens de la céramique de Montières, et d'une renommée défendue par un commerçant en vins, Désiré Borck, qui avait racheté une petite fabrique de poteries de ménage. Sa fille Renée, fascinée par l'exposition d'Art Nouveau organisée à Amiens, en 1912, y est pour beaucoup. Surtout dans le style des céramiques de l'atelier de Montières, aujourd'hui très recherchées.

 

                                                                         303

Je me souviens de la lecture de Rase campagne de Francis Demarcy. Editions Vague Verte. Un roman où l'on se dit que l'écriture, c'est vraiment ce qu'il y de mieux à faire dans une vie.

 

                                                                         304

Je me souviens de ma balade préférée dans le vieux quartier Saint-Leu, entre le port d'Aval et le port d'Amont. Saint-Leu, cœur historique de la cité, et avant tout, pour toujours, Pont-sur-la-Somme, autrement dit, en celte ou en gaulois, Samarobriva.

 

                                                                         305

Je me souviens de Saint-Germain Cou-cou, fête ed'chès fous. Les jeunes gens du quartier Saint-Germain portaient des primevères à la boutonnière, des coucous.

 

                                                                          306

Je me souviens de la chanson qu'ils chantaient : "Ch'est demain nou fête, El' fête éd' Saint-Germain, Saint-Germain coucous, Paroisse ed' chès fous..."

                                                                

                                                                          307

Je me souviens de l'élection, au Moyen-Âge, chaque 1er janvier, du "Prince des Sots", aussi appelé le "Pape des fous". Maître des jeux et des fêtes, il était reçu par le mayeur, le maire, qui participait au Banquet offert par le Pape des fous, en apportant du vin.

 

                                                                          308

Je me souviens que les fous -fantastique époque- avaient le droit de pratiquer à volonté la moquerie et le quolibet. Les fous pouvaient très bien dénoncer les mariages qui leur semblaient mal assortis, par exemple, un vieillard avec une jeune fille, et les adultères.

 

                                                                          309

Je me souviens de Jean Moulin, secrétaire général de la préfecture d'Amiens, en Juillet 1934. Jean Moulin est amiénois jusqu'en 1936, année où il devient chef de cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air, dans le gouvernement de Léon Blum. Jean Moulin va vivre ses années amiénoises dans une pension de famille de la rue Cozette, au dessus du Cirque municipal..

 

                                                                           310

Je me souviens que lorsque je descends la rue Delpech vers le centre ville, il m'arrive de prendre la rue Latour, puis la rue Cozette jusqu'à la Préfecture et de penser que je mets mes pas dans les pas de Jean Moulin.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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