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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 00:01
Contay. La maison. Notre maison. Jusqu'en 1964. © Jean-Louis Crimon

Contay. La maison. Notre maison. Jusqu'en 1964. © Jean-Louis Crimon

Cher Trouvère,

 

Tu dois être en classe de troisième. Lycée Lamarck d'Albert. A l'est d'Amiens. Somme. Picardie. Cette année-là, tu décides que tu as trois poètes préférés: Villon, Ronsard, Verlaine. Rien de moins. Rien de plus. Rien de mieux. Chaque soir, après avoir rapidement rempli tes obligations de travaux scolaires parfaitement inintéressants, dans la salle d'études des internes, en silence, même si ça chante dans ta tête, tu composes, tu écris, tu cries. Ta révolte et ton amour. Ton nom de plume est d'un ridicule consommé, mais il est la synthèse de tes trois poètes préférés: VIRONLAINE. Villon, Ronsard, Verlaine. Au bahut, même au foot, dans la cour de récré, c'est devenu ta véritable identité.

Tu te souviens de ton premier poème. Une chanson d'un chevalier à sa Dame. Trouvère ou troubadour, c'est le métier que tu aimerais faire, as-tu dit au professeur principal, dès le premier trimestre. Problème : dans le dossier d'orientation, après le BEPC, le Brevet, ces professions-là ne sont pas indiquées. Tu as demandé comment faire. Le prof principal a éclaté de rire. Il a dû dire quelque chose comme "Cherchez pas, Trouvère, vous trouverez pas, ça n'existe pas, ça n'existe plus, on n'en a pas besoin dans la société d'aujourd'hui !" Puis, il a éclaté de rire.

T'a déçu, ton prof principal. Lui que tu trouvais bien, tu l'as trouvé "moins bien". Tu t'es dit : on n'a pas le droit de décevoir un élève qui veut être Trouvère. Tu as maintenu ton choix d'orientation. Tu as redoublé... d'efforts. Dans l'étude solitaire de la maîtrise de l'art des rythmes et des rimes. Au fait, le titre de ton premier poème, c'était Ma Dame, tout simplement.

 

      Ma Dame

 

Souvent la nuit, je m'éveille,

Cherchant en vain le sommeil,

Je pense. Je pense à vous Ma Dame,

Je vous vois près de la flamme,

Dans votre château vous chauffant,

Tandis qu'au dehors souffle le vent.

 

Il y a deux autres strophes, qui parlent de songe et de mensonge, mais tu ne t'en souviens plus. Le texte a été publié dans un journal qui devait s'appeler Facettes. 1965/1966. Qui retrouvera ce journal qui contient ton poème ? Ton premier poème. Ta première parution.

  

 

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