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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 00:01
Paris. Nov. 2014. Impressionnisme. © Jean-Louis Crimon

Paris. Nov. 2014. Impressionnisme. © Jean-Louis Crimon

Cher noctambule,

 

Permanence de ton rêve. Goût sans trêve pour la dérive nocturne. Ton petit Leica dans la paume de la main. Quand dans le beau bleu du bleu du ciel du soir s'annonce le beau bleu nuit de la nuit qui vient. Quand aujourd'hui s'ennuie dans la nuit naisssante, cligne des paupières pour se baptiser hier et se réveiller demain. 

Peindre avec la nuit. Jouer la lumière de la nuit. Jouer nuitamment. Jouer nuit amant.Tout simplement. Patience et part de chance. Heureux hasard. La vitesse du taxi. Ton cadrage derrière la vitre. Vitre fermée. Prendre le temps de l'ouvrir, c'est risquer de manquer l'instant. L'instant propice. Le taxi glisse lentement dans la nuit parisienne.

Ton goût pour les ambiances de nuit, les ambiances de pluie. La lumière du jour s'efface. La nuit lui fait face. Rencontre fascinante. Tu y vois comme une mélancolie douce. Nostalgie de moments futurs. Les contours se font flous. Capacité de la nuit à émouvoir, infiniment supérieure à la netteté des choses dans la lumière du jour. Mentalement, les yeux fermés, tu relis Baudelaire. C'est le moment du Recueillement. Tu adores le sublime du Regret souriant quand les défuntes années se penchent sur les balcons du ciel...

 

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Tu réclamais le Soir ; il descend; le voici :

Une atmosphère obscure enveloppe la ville,

Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

 

Pendant que des mortels la multitude vile,

Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,

Va cueillir des remords dans la fête servile,

Ma Douleur, donne-moi la main; viens par ici,

 

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,

Sur les balcons du ciel, en robes surannées;

Surgir du fond des eaux le Regret souriant;

 

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,

Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,

Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

 

 

Le taxi te dépose là où ta course prend fin. Ta nuit est en marche. Comme dit si bien Baudelaire: "entends la douce Nuit qui marche."

 

 

 

 

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