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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 00:01
Rimbaud, en octobre 1871. © Étienne Carjat

Rimbaud, en octobre 1871. © Étienne Carjat

Ta mémoire commence à te jouer des tours. C'est agaçant. Tu as du mal à trouver facilement les choses que tu connais. Tu cherches comment Mallarmé parlait de qui tu sais. Quand il disait "le piéton improbable". Non, ce n'est pas "le piéton improbable", l'expression Mallarméenne, c'est le "passant déconcertant". Non, ce n'est pas ça non plus. Passant, sans doute, mais pas déconcertant. Plus fort que déconcertant. Plus beau aussi. Plus aérien. Plus léger. "L'homme aux semelles de vent" ? Non, pas davantage. "L'homme aux semelles de vent", ce n'est pas de Mallarmé.

Ce soir, tu penses à lui, à cet homme-là, et tu penses aussi à Isidore Ducasse, alias Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", l'un de ses contemporains, mort trop jeune, lui aussi, mort en 1870. Ça y est, tu as trouvé, c'est " Le passant considérable ". Oui, sûr, tu en es sûr, ce sont les mots de Mallarmé pour évoquer Arthur. Pour définir Rimbaud. "Le passant considérable", tu trouves qu'il n'y a rien de plus beau.

Le dire aujourd'hui, tu le sais bien, n'est pas très original. Mais Dieu que c'est beau, cette définition de Rimbaud. "Le passant considérable"...

Soit dit en ... passant.

Forcément.

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